La terre en mémoire des soldats américains

À l’intérieur de l’église Saint-Louis-des-Invalides, à Paris, se trouve une borne de la Voie de la Liberté, conçue par le sculpteur François Cogné et portant la signature « E. Cogné, Sculp. ». Bien plus qu’un simple jalon commémoratif, cette borne constitue un véritable reliquaire de mémoire : elle renferme de la terre provenant de plusieurs cimetières militaires américains, témoignant du sacrifice des soldats venus libérer la France en 1944-1945.

Le concept des « Bornes de Terre sacrée »
Cette borne s’inscrit dans une tradition mémorielle née au lendemain de la Première Guerre mondiale : celle des « Bornes de Terre sacrée ».
Le concept est initié par le sculpteur Gaston Deblaize, qui imagine d’enfermer, au sein de monuments commémoratifs, de la terre prélevée sur des champs de bataille ou dans des cimetières militaires. Cette terre, considérée comme sacrée en raison du sang versé, devient alors une relique symbolique permettant de rendre hommage aux soldats morts loin de leur patrie et de leur famille.
En décembre 1929, une première borne de ce type, contenant de la terre de la Grande Guerre, est officiellement inaugurée dans cette même église Saint-Louis-des-Invalides.

Un hommage national aux Alliés américains
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, une nouvelle borne est créée dans cet esprit. Il s’agit cette fois d’honorer les soldats américains tombés lors de la Libération de la France.
Intégrée à la Voie de la Liberté, itinéraire commémoratif retraçant l’avancée des forces alliées depuis la Normandie jusqu’à la frontière franco-belge, cette borne reçoit de la terre prélevée dans différents cimetières militaires américains où reposent les combattants morts au cours des opérations de libération.
Son installation aux Invalides revêt une portée symbolique considérable. Déposer cette terre au cœur de l’un des plus prestigieux sanctuaires militaires de France revient à faire entrer, de manière concrète et solennelle, le souvenir des soldats américains dans la mémoire nationale française.

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Parmi les sites cités figurent notamment des cimetières provisoires, établis à proximité des zones de combat avant que les dépouilles ne soient, pour certaines, transférées vers des cimetières permanents.